La plateforme

8,5/10

RESUME : enfermés dans une enceinte en forme de tourelle, deux prisonniers sont parqués à des niveaux différents...Leur quotidien est rythmé par la descente d'une plateforme sur laquelle est entreposée de la nourriture. Comme cette plateforme descend à tous les niveaux, les premiers se servent allègrement, tandis que les autres héritent de ce qu'il reste des niveaux supérieurs...

Critique

Avant de commencer cette critique, je déconseille fortement ce film aux âmes sensibles/émotives…Parce qu’il faut avoir le coeur bien accroché devant certaines scènes.

Les claustrophobes devront aussi s’abstenir, parce que l’essentiel du film se déroule en milieu clos.

Il s’agit pour moi d’un film qui balance plutôt vers l’horreur, même s’il mériterait également sa place dans la catégorie “science fiction”.

Si vous passez le cap fatidique d’une scène située à la trentième minute sans avoir la nausée, c’est plutôt bon signe. Sinon, passez votre chemin, vous trouverez sûrement votre bonheur ailleurs. Si vous êtes (ou avez été) fan de “The Walking Dead”, cette question ne se pose sûrement pas…

 

LE SCENARIO

100% made in Espagne, il est dantesque et oppressant. Est-ce l’oeuvre d’un fou furieux ou d’un génie ? Car je l’ai déjà dit et je le pense sincèrement : à un certain niveau de conception artistique, la folie et le génie se rejoignent et opèrent une symbiose.

Avec cette fusion, il devient alors difficile de désigner ce qui tient du délire ou de l’idée magistrale…Et ici, c’est ce type de choix cornélien qui nous est offert.

Le résumé était déjà attrayant

Lire le résumé d’un scénario est une chose. Parfois, il est beaucoup trop vendeur, et vous avez la sensation d’avoir été dupé… Et lorsque vous été beaucoup déçu par le rendu d’un scénario prometteur à l’écran, vous devenez alors blasé. Vous parcourez alors les “pitchs” avec une moue dubitative, en vous disant “pourquoi pas”, “faut voir”… Inutile de justifier nos choix en matière de films, nous sommes tous les mêmes !

Pour “la plateforme”, le pitch est déjà attrayant…Mais sa mise en forme décuple encore le sentiment que j’avais au départ :  de l’intrigue à la stupéfaction, on passe à l’effarement ou au dégoût, avant de devenir assez accroc à l’adrénaline procurée.

Une forme de satire sociale ?

Par analogie, l’on peut distinguer dans ce scénario une forme de satire sociale : les premiers de cordée (pour reprendre une expression chère à un homme politique connu) se servent dans les plats, puis les seconds, et ainsi de suite jusqu’au dernier qui “bénéficie” du reste laissé par les autres…

Les scénaristes (parce qu’ils sont deux) sont deux illustres inconnus : David Desola et Pedro Rivero. J’ai eu beau chercher leurs références sur la toile, je n’ai rien trouvé du tout… Mais le travail qu’ils ont effectué pour penser ce cadre de vie et ce système de fonctionnement mérite tous les honneurs cinématographiques.

 

 

LA REALISATION

Elle est l’oeuvre de l’espagnol Galder Gaztelu-Urrutia. J’aimerais bien vous dire qu’il n’en est pas à son coup d’essai, mais je n’ai rien trouvé non plus sur lui.

Sa fiche Allociné est quasiment vide. Comme si ce réalisateur apparaissait brutalement dans le paysage cinématographique !. Sa manière de filmer, associée au contexte, m’ont rappelé les plus grands films de Stanley Kubrick (Orange Mécanique, l’Odyssée de l’espace).

 

 

LES DECORS/L’AMBIANCE CREE

Ils peuvent être considérés comme basiques, mais encore fallait-il y penser. Une cellule sommaire avec deux couchages, un robinet pour deux détenus, et une gigantesque plate-forme qui descend verticalement à des heures régulières.

Pour accompagner ce décor et créer une ambiance angoissante, les bruitages utilisent les ressorts d’une mécanique huilée et implacable.

De quoi glacer le sang rien qu’à penser être emprisonné dans cet endroit…Parce qu’il ne fait aucun cadeau aux plus récalcitrants, ceux qui auraient envie d’enfreindre les règles.

 

LES ACTEURS

L’acteur principal est Ivan Massagué, acteur espagnol chevronné de 43 ans. Avec ce rôle majeur et la qualité de son interprétation, il est appelé à voir plus grand ces années à venir…Et quitter le cadre trop exigu pour lui de la scène cinématographique espagnole.

 

En résumé…

Satire sociale, éloge de la folie ou fable carcérale, peu importe. La plateforme est l’une de meilleures productions cinématographiques que j’ai pu voir de Netflix ces derniers temps.

Bande annonce
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    Remake d'un film du même nom de Claude Berry, sorti dans les salles en 1977, où jouait Jean Pierre Marielle, Victor Lanoux et Agnès Soral.

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